Reprendre les cartes après la donne
Après la donne, quand on voit toutes les cartes, le choix du partenaire peut sembler étrange. Mais au moment de jouer, il ne voyait que sa main et les cartes tombées. Reprendre ces informations permet souvent de mieux comprendre son choix.
Voici un exercice construit à quatre en belote classique, Pique à l’atout. A joue avec C, B avec D. Nous regardons ce que chacun sait après deux plis, sans chercher la meilleure entame ou un plan pour gagner. Les autres couleurs ne sont pas détaillées puisqu’elles ne servent pas à cette question.
Deux plis à Pique
Au premier pli, A entame du Valet de Pique. B fournit le 7 de Pique, C le 8 et D la Dame. Le Valet est le plus fort atout : A remporte le pli.
A rejoue le 9 de Pique. B pose le Roi de Pique, C le 10 de Pique et D le 7 de Trèfle. Dans cet exercice, D n’a plus de Pique et possède bien ce 7 de Trèfle. A gagne encore avec le 9. Sans atout à fournir, D peut se défausser.
| Pli | A | B | C | D |
|---|---|---|---|---|
| Premier | Valet de Pique | 7 de Pique | 8 de Pique | Dame de Pique |
| Deuxième | 9 de Pique | Roi de Pique | 10 de Pique | 7 de Trèfle |
Après ces deux plis, notez ce que les cartes tombées permettent de savoir. Faites-le en reprenant la séquence au calme : il ne s’agit pas de prendre des notes ou d’échanger des informations pendant une partie ordinaire.
Où est le dernier atout ?
Sept atouts sont sortis : quatre au premier pli, trois au deuxième. Parmi les huit Piques, seul l’As n’a pas été joué. Tous les joueurs qui ont suivi les cartes peuvent le savoir, sans voir les autres mains.
On sait aussi que D n’a plus de Pique au deuxième pli, puisque la séquence respecte les règles. Mais les cartes tombées ne disent pas si l’As est chez A, B ou C. Le guide Compter les atouts reprend la méthode de comptage.
Ajoutons une information : A a encore l’As de Pique. Il sait donc où est le dernier atout. Avant de voir sa main, les autres ne pouvaient pas en être certains sous prétexte qu’il avait joué Pique deux fois.
Ce que chacun pouvait savoir
Essayez de préciser ce que chacun savait et ce qu’il ne pouvait pas savoir. B peut voir qu’il n’a plus d’atout dans sa propre main, sans savoir à partir des cartes tombées qui détient l’As. A, lui, n’a aucun doute puisqu’il l’a en main.
Cela ne veut pas dire que les partenaires se sont mal compris : ils ne partagent pas leurs mains. Ils jouent avec ce que montrent les cartes, les obligations de jeu et leurs observations. Le guide pour jouer avec un partenaire revient sur ces informations.
Savoir que les adversaires n’ont plus d’atout ne suffit pas pour choisir la meilleure carte suivante. Il faudrait voir la main restante, les plis utiles et l’objectif de la donne. Le guide pour faire tomber les atouts développe la suite ; ici, nous cherchons seulement ce que chaque joueur savait.
En parler avec son partenaire
Avant de dire au partenaire « tu voyais bien que j’avais l’As », demandez-vous comment il aurait pu le savoir. Reprenez les cartes visibles pour lui à ce moment-là. Vous pourrez alors parler de ce qu’il avait remarqué ou manqué, sans inventer un signal pour les prochaines mains.
Après les deux plis, avant de dévoiler l’As, qu’est-ce que les quatre joueurs peuvent affirmer ? Et qu’est-ce que A est le seul à savoir ?